Le code moral

Yudansha, hakama et code moral
Le Maître et le grade représentent l’ensemble (ichi) de trois valeurs indissociables :
  • 心 SHIN – valeur morale
  • 技 GI – valeur technique
  • 体 TAI – valeur physique
Les pratiquants d’arts martiaux se doivent de «polir les sept vertus du budo, reflets de la vraie nature du bushido, que les sept plis du hakama symbolisent».
Ces sept vertus sont (sans aucune hiérarchie entre elles) :
  •  仁 JIN (Bienveillance, Générosité) – la bonté et la bienveillance supposent une attitude pleine d’attention pour autrui, sans considération d’origine, de religion, de sexe, d’âge ou de handicap. Le respect permanent des autres avec le souci de les honorer sans jamais leur causer de troubles ou de peines inutiles conduit naturellement à une concorde sociale.
  • GI (Honneur, Justice) – le sens de l’honneur passe par le respect de soi-même, d’autrui, et des règles que l’on considère comme justes. C’est être fidèle à ses engagements, à sa parole, et à l’idéal que l’on s’est choisi.
  • REI (Etiquette, Courtoisie) – la politesse n’est que l’expression de l’intérêt sincère et authentique porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d’attitudes pleins de sollicitude et de respect. Le cérémonial (rei-shiki) et l’étiquette font partie de l’extériorisation de la politesse.
  • CHI (Sagesse, Intelligence) – les anciens disaient à juste titre qu’un sage pouvait toujours apprendre, même d’un fou, alors qu’un fou ne pourrait jamais apprendre, même d’un sage. La sagesse est ici synonyme d’aptitude à discerner en tous lieux et en toutes choses, le positif et le négatif, à n’accorder aux choses et aux événements que l’importance qu’ils ont, sans se laisser aveugler ni se départir de la sérénité si durement acquise sur le tatami.
  • SHIN (Sincérité) – la sincérité est impérative dans l’engagement martial : sans elle, la pratique n’est que simulation et mensonge, tant pour soi-même que pour autrui. L’engagement se doit d’être total, permanent, sans équivoque. La sincérité se constate facilement, et l’illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la Voie.
  • CHÛ (Loyauté) – il peut paraître désuet de parler de loyauté et de fidélité dans notre société contemporaine alors même que ces valeurs sont le ciment indéfectible de nos disciplines martiales ; l’Aïkibudoka s’engage, comme le samurai envers son seigneur, à une fidélité totale, et à un respect loyal des règles internes à son école, et ce sur sa vie même. Ces valeurs sont le reflet de la rectitude du corps et de l’esprit du pratiquant.
  • KOH (Piété) – la piété s’entend ici au sens de respect profond et authentique des bases de nos pratiques martiales, bases techniques, spirituelles, historiques, philosophiques.
Véritable «Ecole de Vie», le budo tel que nous le concevons et voulons le transmettre, embrasse l’ensemble des événements de la vie de l’Homme et lui apprend à se connaître lui-même et à réagir de la manière la plus efficiente possible aux épreuves auxquelles il se trouve confronté.
« En souhaitant que nous, pratiquants de budo vrai que l’on dit fait d’harmonie, d’Unité, de Maîtrise et d’Amour fraternel, soyons toujours à même d’en appliquer les principes et les vertus, en tout temps et en tout lieu, et de les communiquer aux autres par le jeu de l’exemple et de la communication des énergies positives et bienfaisantes.»
Maître Alain FLOQUET
samurai2